• Elodie

Pourquoi certains prennent plus facilement du poids ?


On a tous cet ami (ou amie) qui peut manger ce qu'il veut sans prendre 1 gramme alors qu'on prend 2 kilos rien qu'en regardant son burger. Qui ne sait alors jamais dit que le monde était vraiment injuste ? Que notre ami ne se rendait pas compte de sa chance ? Certains seraient prêts à tout pour avoir cette chance.

Combien, parmi vous, se sont entendu répondre "c'est génétique" ? Beaucoup, je suppose. Et si je vous disais que non, ce n'est pas qu'une question de génétique ? Sans vous promettre de devenir comme votre ami ni vous jurer que le sport est LA solution, je peux d'ores et déjà vous assurer que certains facteurs sont tout à fait modifiables.

Voyons quels sont donc ces facteurs et lesquels peut-on modifier pour ne plus prendre de poids rien qu'en respirant.


I- De multiples facteurs à prendre en compte.

La génétique... C'est la première réponse qui nous vient à l'esprit. Effectivement, nos gènes régissent en grande partie le fonctionnement de notre corps. C'est ce qu'on appelle, dans la nutrition, le métabolisme de base. En gros, il s'agit de la vitesse d'utilisation par l'organisme des nutriments apportés par l'alimentation (nourriture et boissons). Cette vitesse se calcule facilement en utilisant l'âge, le poids, la taille et le sexe. Le résultat reste une estimation du métabolisme de base, une moyenne en fait de ce qui a été observé. La réalité est bien trop complexe pour être calculée. Il faut prendre en compte par exemple, la vitesse de digestion de chaque nutriment, la composition de l'intestin et des sucs digestifs, la vitesse de circulation du sang hors effort, la vitesse d'absorption et la quantité d'absorption entre intestin et autres organes et tissus, etc. C'est pourquoi le métabolisme de base d'un individu se mesure avec des machines complexes, en position allongée sans bouger pour être le plus précis possible. La génétique intervient dans la composition des sucs gastriques, la taille du système digestif, la fabrication des molécules pour absorber les nutriments, etc. De ce fait, oui, la génétique est en grande partie responsable de la vitesse à laquelle vous prenez du poids.


Cependant, il est mentionné plus haut que le métabolisme de base se calcule en fonction du sexe, de poids, de l'âge et de la taille. Ces 4 facteurs vont donc impacter le métabolisme et donc la manière dont vous utiliser les nutriments (ou les stocker). Le poids et la taille de l'individu jouent sur la surface corporelle : plus la surface est importante et plus vous devrez consommer pour pourvoir à vos besoins. Donc, sans parler de vitesse d'utilisation des aliments, plus vous êtes grand ou lourd et plus vous devrez manger pour maintenir votre poids. Pour ce qui est du sexe, il a été observé que le métabolisme de base des hommes est plus important que celui des femmes, leur fonctionnement demande plus d'énergie. Pour cette raison, une femme prendra généralement plus facilement du poids qu'un homme. Enfin, l'âge est un facteur non-négligeable. En effet, un enfant est plus petit qu'un adulte, mais il est en pleine croissance, ce qui demande plus d'énergie à son corps. L'exemple parfait est celui d'un adolescent : en pleine poussée de croissance, une taille proche de l'adulte, l'organisme qui fonctionne encore bien, tout cela augmente le métabolisme de base. Au contraire, plus on vieillit et moins l'organisme est actif, la croissance n'est plus, le corps fatigue et le métabolisme de base diminue. Ainsi, un adolescent prendra moins de poids en mangeant la même chose qu'un adulte ou un enfant.


Le métabolisme de base est donc quelque chose que vous ne pouvez pas modifier. Il varie au cours de votre vie, mais vous ne pouvez l'influencer volontairement. Il existe d'autres facteurs, qui vont influencer le métabolisme, et qui sont modifiables.


En effet, nous avons seulement abordé le métabolisme de base, mais pour savoir ce qui est consommé par votre organisme, on utilise le métabolisme ; réajustement à partir du métabolisme de base. Celui-ci prend en compte : l'activité physique, les traitements, les problèmes de santé, la croissance, la grossesse. L'activité physique, indépendamment de la pratique d'un sport, s'oppose à la sédentarité et l'inactivité. Par exemple, monter les escaliers, faire le ménage, marcher sont des activités physiques. Plus vous faite de l'activité et plus vous augmenter votre métabolisme en augmentant la dépense journalière. De la même manière, plus vous pratiquer régulièrement un sport (activité physique intense prolongée > 10 minutes) et plus vous accélérez votre métabolisme. Comme vu précédemment, la croissance demande plus d'énergie et va donc augmenter votre métabolisme. En effet, les os grandissent et il faut fournir les éléments nécessaires, de même que pour les tissus. Le cas de la grossesse est particulier : le fœtus qui grandit consomme une partie de l'énergie et des nutriments absorbés pour se développer. La femme enceinte doit donc compenser ces pertes. La mauvaise santé impacte aussi le métabolisme. Les inflammations provoquent une accélération du métabolisme. Il en va de même pour certaines maladies comme les cancers. Puisqu'il faut créer de nouvelles cellules (cancéreuses ou saines) le métabolisme augmente pour compenser la dépense d'énergie. Certains traitements ont les mêmes effets, indirectement. Les thérapies pour les cancers par exemple, sont agressifs et détruisent des cellules. L'organisme doit recréer des cellules saines et cela augmente le métabolisme.


Viennent ensuite les facteurs qui n'influencent pas le métabolisme, mais notre envie de manger et notre appétit. En effet, si en théorie notre corps compense exactement les dépenses, en pratique notre cerveau s'en mêle et s'emêle. Reprenons l'exemple des traitements : certains jouent aussi sur l'envie de manger. Dans le cas de pathologies psychologiques (dépression, trouble bipolaire, addiction, etc.), les neuroleptiques peuvent avoir pour effet une augmentation de l'appétit. De ce fait, vous avez l'impression d'avoir faim (ou plutôt envie de manger) et, si vous mangez vous prenez rapidement du poids. Certains provoquent l'inverse. De la même manière, certaines pathologies touchent le cerveau ou les organes ayant un rôle dans la faim ou l'utilisation des nutriments.

Par exemple, la thyroïde est le centre d'envoi des signaux de faim et de satiété. Lorsqu'elle est impactée, l'appétit et la satiété sont perçus différemment et il est compliqué de réguler ses repas. Cela s'accompagne souvent d'une prise de poids, faute de savoir quand on a assez mangé.

Autre exemple, le pancréas est l'organe sécrétant l'insuline. L'insuline est une hormone qui permet au sucre de passer du sang aux muscles. Ce qui permet, entre autre, de transformer le sucre en triglycérides pour le stocker lorsqu'il y en a trop. Si le pancréas ne fonctionne pas assez, le sucre reste dans le sang et s'élimine, poussant le corps à reconsommer du sucre. À l'opposé, s'il fonctionne trop, le sucre sera trop important par rapport au besoin et le surplus sera stocké. Attention, lorsque le pancréas fonctionne bien, la sécrétion d'insuline dépend en partie de la quantité de sucre consommée.


Pour continuer, les émotions jouent un rôle sur l'appétit, le stress en est le meilleur exemple. En situation de stress, le corps prépare l'organisme à la fuite et au combat pour survivre. Le stockage s'intensifie et l'appétit augmente pour créer des réserves d'énergie en prévention d'un effort intense. À l'inverse, l'angoisse provoque parfois une perte d'appétit : trop de pensées qui tournent en boucle, votre corps se met en alerte permanente et bloque les signaux de faim pour ne pas se déconcentrer. Et enfin, il y a le phénomène du "manger ses émotions. Il s'agit dans ce cas de chercher du réconfort dans la nourriture, que ce soit pour mieux gérer la colère, la peur, la tristesse, la joie. Des émotions intenses que votre esprit à du mal à canaliser et le fait de manger permet de se concentrer sur autre chose qui vous fait du bien immédiatement. Puisqu'il s'agit d'une consommation d'aliments non-nécessaires, une partie sera éliminée, mais une autre sera stockée.


Enfin, un phénomène moins connu, mais non moins important : la modification du métabolisme par les régimes. Pour rappel, les régimes sont une manière de s'alimenter en diminuant l'apport pour être en dessous des besoins et donc perdre du poids. Souvent source de frustrations, de craquages, ils se terminent généralement par plus de kilos qu'il n'y en avait au départ. Les régimes vont en réalité ralentir le métabolisme. En effet, les apports n'étant pas suffisants, l'organisme se met au ralenti pour privilégier les fonctions vitales (apports au cerveau et au cœur). Pour combler le déficit énergétique, il puise dans les réserves de graisse ("Youpi !") et de muscles ("Aie."). En parallèle, le stockage s'intensifie pour mettre de côté un maximum de réserve et prévenir la famine. Voyons un petit schéma pour mieux comprendre :


En conclusion, de nombreux facteurs expliquent pourquoi certains prennent plus vite du poids. Si une partie de ces facteurs ne sont pas modifiables, d'autres au contraire, peuvent être modifiés par le comportement. C'est pourquoi je vous propose maintenant de voir quels facteurs modifier et comment faire pour ne plus prendre aussi facilement du poids.


II- Améliorer son mode de vie facilement.


La première chose à faire, et peut-être la plus importante, c'est avoir une bonne hygiène de vie.

C'est-à-dire, une alimentation équilibrée, en quantité suffisante et une activité physique adaptée.

Prenons l'alimentation équilibrée : si les pubs à la télé nous en donnent les grandes lignes ; "pas trop gras, trop sucré, trop salé", "éviter l'abus d'alcool", etc. ; la pratique est plus complexe. Il faut retenir que toutes les catégories d'aliments sont indispensables, en plus ou moins grande quantité. Seuls les produits sucrés sont facultatifs, avec pour seule fonction le plaisir. Privilégier le fait-maison aux produits industriels permet d'éviter les produits chimiques et les ajouts cachés de graisses, sucres et sel. Voici les recommandations actuelles en termes d'alimentation (image à droite).

Réduire les excès dans l'alimentation permet d'éviter de stocker et de prendre du poids.

Parallèlement, il faut écouter son corps et adapter les quantités aux besoins (plus d'info dans l'article ici). Apprendre à distinguer la faim physiologique de l'envie de manger permet d'apporter les nutriments qu'il faut en bonne quantité sans excès.


En deuxième point, viennent les traitements et les pathologies. Comme expliqué plus haut, certains traitements et/ou pathologies modifient le métabolisme et l'appétit. Bien connaître sa pathologie et ses traitements permet d'adapter vos besoins et vos réactions. Par exemple, sachant qu'un effet secondaire peut être l'augmentation de l'appétit, surveiller vos sensations de faim pour savoir quand il s'agit d'un besoin et quand le traitement vous pousse à manger. Surveillez votre poids, surtout en début de traitement, pour vérifier qu'il n'y a pas de prise/perte soudaine.


Ensuite, pratiquer une activité physique régulière est indispensable pour entretenir vos muscles et vos fonctions cardiaques et respiratoires. De ce fait, l'inactivité ou l'activité insuffisante entraîne un stockage de plus en plus important, car les réserves ne sont pas utilisées. De plus, si les muscles ne sont pas sollicités, ils sont détruits petit à petit et il devient plus difficile de pratiquer. N'hésitez pas à vous rapprocher d'un entraîneur en activité physique adapté (EAPA) pour des conseils personnalisés.


Enfin, nous avons vu que les émotions pouvaient influencer notre manière de nous alimenter. De ce fait, apprendre à gérer ses émotions est utile pour diminuer cette influence. Pensez par exemple à la relaxation, la sophrologie ou la méditation en période de stress. Il s'agit aussi d'accepter ses émotions sans se culpabiliser. C'est d'autant plus important qu'il a été observé que les personnes culpabilisant après un excès alimentaire avaient tendance à plus grossir. Gardez en tête que grignoter de tentant et craquer peut arriver, ce n'est pas un manque de volonté mais un besoin de votre esprit de s'apaiser. Si ce comportement se répète, mieux vaut vous rapprocher d'un professionnel pour vous aider à déterminer la cause émotionnelle (diététiciens ou psychologue par exemple).


Je terminerai avec un dernier point : les régimes. Que le but soit perdre du poids ou se "sécher", les régimes ont des effets délétères sur le corps et la santé. Les bénéfices sont temporaires et peu nombreux. Perdre du poids est indiqué dans certains cas (obésité, diabète avec surpoids par exemple) mais cela peut surtout être dangereux. Perdre du poids rapidement met en danger la santé physique et mentale sans pour autant résoudre le problème qui avait causé la prise de poids. De plus, plus vous pratiquez de régimes et plus votre corps se met rapidement et longtemps en mode "économie d'énergie", les pertes de poids sont de moins en moins importante et le danger augmente.


Ce qu'il faut retenir...

Pour finir sur une note positive, voici un petit rappel des bonnes nouvelles. La génétique n'est pas la seule explication à votre malédiction de prise de poids rapide. Tout plein des facteurs sont à prendre en compte et un grand nombre peuvent être modifié pour inverser la tendance.

Rééquilibrer son alimentation, consommer selon ses besoins, pratiquer une activité physique suffisante et adaptée et accepter ses émotions sont des exemples de ce que vous pouvez mettre en place. Cela demande du travail, qui s'avère payant et durable pour peu que votre comportement le soit aussi.

Sur cette touche finale, je vous dis à bientôt pour un nouvel article !




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